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Savez-vous identifier la peur chez votre cheval?

Dernière mise à jour : 23 mars

 Il est maintenant reconnu que les chevaux, comme tous les mammifères d’ailleurs, ainsi que certains autres animaux comme les pieuvres, possèdent une conscience, donc une capacité à entrer en relation et à faire des liens, à prendre des décisions et à faire des constats, à éprouver de la douleur… et à ressentir des émotions!

Pour le dictionnaire de français Larousse, la conscience est définie comme suit :

  • « Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur. 

  • Représentation mentale claire de l'existence, de la réalité de telle ou telle chose : L'expérience lui a donné une conscience aiguë du danger. »[1]

 

La peur chez le cheval
Savez-vous identifier la peur chez votre cheval?



La Déclaration de Cambridge sur la conscience

Une avancée importante en 2012 : la Déclaration de Cambridge sur la conscience 

Ce constat d’une conscience chez les mammifères et plusieurs autres espèces d’animaux a été confirmé en 2012 par la Déclaration de Cambridge sur la conscience, ce qui nous confirme ce que plusieurs d’entre nous savaient déjà intuitivement : les chevaux sont capables de ressentir des émotions et donc, d’avoir des opinions propres.[2] Cette prise de conscience doit donc, par conséquence, orienter notre approche avec les chevaux. Nos actions, ainsi que nos attentes et objectifs, devront tenir compte des ressentis et des émotions de notre équidé. Quel que soit notre but en fait, l’approche choisie se devra de respecter la sensibilité et l’intelligence émotionnelle équine.


Mieux encore, en tant qu’humain, nous devrions devenir des facilitateurs pour l’épanouissement de notre partenaire équin et voir à stimuler son intelligence émotionnelle par l’utilisation de procédés d’apprentissage éthiques qui favorisent cette intelligence. Il est également important, lorsqu’on travaille auprès des chevaux, de prendre la bonne habitude de se fier à ses ressentis bien sûr, mais aussi, de voir à développer notre sens de l’empathie et de la compassion envers l’autre être en face de nous.

 

Stress, peur et apprentissages

L’émotion principale du cheval étant la peur, nous devrions créer un environnement propice à l’apprentissage dans le calme afin d’éviter le plus possible d’amener le cheval dans une zone où il éprouve de la peur, ceci s’avérant par ailleurs, totalement improductif et non éthique. Contrairement à ce qu’on entend parfois dans le milieu équestre, le fait de rassurer le cheval lorsqu’il a peur est bénéfique et ne crée pas d’association négative pour le cheval. En effet, lorsque le cheval est émotivement insécure, le fait de le caresser doucement, de bien respirer et de lui parler sur un ton calme et rassurant l’aidera.[3] On peut retourner à un endroit où le cheval se sentait en confiance et avancer doucement vers la zone « affolante ». L’approche retrait donne habituellement de bons résultats.[4] En fait, la peur est une précieuse information sur ce qui se passe à l'intérieur de notre cheval. L'émotion devient une alliée plutôt qu'un ennemi à éliminer! On pourrait rajouter que c'est la même chose pour nous. L'émotion nous indique qu'il se passe quelque chose et qu'on doit prendre le temps qu'il faut pour prendre soin de cette information.


« Ne tirez pas sur le messager » (L. Kohanov)

Linda Kohanov[5], précurseure et innovatrice dans le domaine de l’apprentissage expérientiel équin facilité par le cheval, est une des premières personnes à avoir abordé les émotions équines et parlé de l’impact des émotions de l’humain sur le cheval et vice versa. Cette grande dame de la facilitation équine a en effet ouvert les portes (et les yeux de plusieurs) sur la capacité des chevaux à ressentir des émotions – les leurs et les nôtres, même et surtout celles que l’on a refoulées.

 

Et l’éthique à l’entraînement?

Le bon entraîneur doit éviter à tout prix d’amener le cheval hors de sa zone de tolérance et d’ainsi faire surgir chez lui de la peur, qui peux dégénérer en rage ou en panique si non adressée. Si vous faites entraîner votre cheval, sachez que votre responsabilité est de protéger votre cheval, d’être la voix de ce dernier. Combien de chevaux sortent « cassés » et éteints de telles séances d’entraînement? N’oubliez pas que, « là où se terminent les connaissances, embarque la violence ».


Honorer ce qui est

Sachant maintenant le cheval a le droit d’exprimer ses émotions, prenez le temps d’écouter et d’honorer ses ressentis et les vôtres et ainsi, d’être authentiques avec ce qui monte. Vous aurez ainsi votre réponse très clairement. Et s’il le faut, changez d’entraîneur… Ou mettez ce dernier sur pause pour un moment. Pour le plus grand bien du cheval et de vous-mêmes. Après tout, la relation avec le cheval devrait goûter bon pour vous… et pour lui n’est-ce pas?


Marie Josée Marcoux, facilitatrice équine et intervenante en comportement équin


Sources :


 

 

 

[4] Site web ISES, Les principes fondamentaux de l’entraînement du cheval https://s3.amazonaws.com/kajabi-storefronts-production/sites/2147549522/themes/2149559392/downloads/Gkwln9WqTiuPgFw1Eby9_Poster_ISES_rules_Leuthardt_French.pdf Page consultée en novembre 2023.

 

 

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