La claque sur l’encolure : le cheval apprécie ou non?

Les effets de l’apprentissage en renforcement positif étant maintenant assez documentés, les cavaliers gagneraient à pouvoir utiliser ce procédé d’apprentissage, ce dernier étant éthique et contribuant au bien-être équin[1] (Innes and McBride 2008, cité par Takahashi and al. 2016).



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Un renforçateur primaire de choix étant la nourriture; la problématique vient du fait pour le cavalier en selle, de pouvoir être capable récompenser le cheval immédiatement lors de la bonne réponse, respectant ainsi le lien de contingence/contiguité, qui est le lien temporel entre deux stimuli avec un délai extrêmement court dans l’idéal de ½ seconde[2] entre les deux. McGreevy and McLean (2018) souligne également que les chevaux en nature n’ont pas évolué avec cette capacité de manger en mouvement, ce qui pose donc problème également à ce niveau.[3] C’est la raison pour laquelle des chercheurs japonais se sont intéressés à savoir si la claque sur l’encolure (Patting) avait le même effet appétitif que la nourriture.


Dans l'expérience japonaise, un test en conditionnement opérant a été utilisé. Les chevaux avaient préalablement été désensibilisés par habituation lors de la période pré-expérimentale à l’environnement et aux appareils utilisés dans le dispositif expérimental. Ensuite, un procédé en conditionnement classique a été instauré dans le but de faire associer, pour les chevaux, le son d’un « buzzer » à la délivrance de granulés. Finalement, par façonnement (Shaping), les chevaux étaient renforcés seulement lorsqu’ils appuyaient sur un bouton. Ils reçurent dans un premier temps des renforcements alimentaires (granulés).


Lors de l’expérience, qui se déroula sur une durée de 3 mois, les chercheurs ont demandé à trois chevaux de presser le bouton avec leur nez pour obtenir en guise de récompenses, soit des granulés, dans un premier temps, soit des claques sur l’encolure, dans une seconde phase. Une analyse comportementale appliquée (ABA) fût administrée pour évaluer l’efficacité des deux renforçateurs, soit les granulés, soit la claque sur l’encolure. Les chercheurs devaient pour ce faire remplacer graduellement le stimulus inconditionnel par la réponse inconditionnelle dans le but d’obtenir un réponse conditionnée.


Dans un premier temps, chaque bonne réponse fût récompensée puis les chercheurs ont eu recours au renforcement intermittent. Tous les chevaux ont démontré un taux de réponse bas pour ce qui est du renforcement par la claque sur l’encolure, suggérant ainsi que les effets de ce renforcements étaient pratiquement inexistants.[1]


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Il faudrait donc oublier la claque sur l'encolure pour récompenser le cheval, qui serait à la limite aversive... Il y aurait plutôt lieu de récompenser le cheval d'un stimulus conditionné c'est-à-dire, d'utiliser un ordre (cue) au départ neutre (exemple : clicker) pour indiquer au cheval la bonne réponse puis de récompenser (renforcer) immédiatement ce cue avec un appétitif (nourriture par exemple, ou grattouille sur le garrot)[3].




[1] Takahashi, A., Nishiyama, K. Ohkita, M. and Sawa, K. (2016). Failure to find Reinforcement Effect of Neck Patting in Horses (Equus Caballus). Psychologia, 59, 91-99. [2] Cassoret, M. 2021. Notes de cours. Cours Sciences de l’équitation hiver. AZCA [3] McGreevy, P. and McLean, A. (2010). Equitation Science. Wiley-Blackwell.

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La ferme Lombrette

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Marie Josée Marcoux

Facilitatrice équine

Horsemanship authentique & Reiki

Dany Cinq-Mars, agr. Ph.D

Professeur Sciences animales U. Laval

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