Et si nous nous trompions?
- Marie Josée Marcoux

- 7 juil.
- 4 min de lecture
Une leçon de mieux-être facilité par le cheval!

Connaissez-vous Apache?
Celles qui sont venues aux ateliers au fil des ans à la Ferme Lombrette ont eu la chance de le rencontrer. Apache est un magnifique Appaloosa, l’un de nos chevaux-guides et facilitateurs, et certainement l’un des plus puissants.
Avec les années, il a développé de l’arthrose au genou droit. Malgré la médication et les soins, sa condition fait qu'il boîte lorsqu’il se déplace. Cela ne l’empêche toutefois pas de suivre le reste du troupeau et de vivre pleinement sa vie de cheval de 23 ans.
Laissez-moi vous conter une anecdote où il m'appris appris quelque chose de très important.
La première année où sa boiterie s’est accentuée, nous avions décidé de le laisser à l’écurie juste le temps de l'atelier, pour son confort.
Il avait du bon foin à volonté, de l’eau fraîche, de l’ombre et un répit bienvenu loin des mouches. Mais cette décision provenait en direct de mon mental, celui qui aime beaucoup prévoir, organiser et tout contrôler. ;-)
Il faut dire qu’Apache aime habituellement passer ses matinées à l’intérieur lors des journées chaudes, après avoir passé la nuit au champ avec le troupeau. Il s’y repose volontiers et il lui arrive même de s’y coucher.
Nous pensions donc faire ce qu’il y avait de mieux pour lui...
Pendant ce temps, nous étions réunies dans le manège pour commencer la formation.
Puis les hennissements ont commencé et les courses folles ont débuté!
Les chevaux qui étaient dehors appelaient Apache en se déplaçant anxieusement dans le champ. Apache leur répondait.
Le chaos, quoi! Et une facilitatrice sur le bord de l'hypervigilance mur à mur! ;-)
Le troupeau avait été séparé, et il nous le faisait savoir très clairement.
Les participantes m’ont demandé ce qui se passait. Je leur ai expliqué qu’Apache boîtait et que nous avions choisi de le garder à l’intérieur pour son confort.
Elles m’ont alors posé une question toute simple :
Et si on le laissait sortir avec les autres?
Et c'est ce que nous avons fait.
Surprise! Apache est devenu l’un des facilitateurs équins les plus puissants de tout le weekend.
Il nous a rappelé que nous n’avons pas besoin d’être parfaits, sans douleur ou sans fragilité, pour être présents, utiles et alignés avec ce que nous avons à offrir.

Pour que la magie opère, il faut savoir s'enlever du chemin
Apache m’a aussi rappelé quelque chose de plus personnel; j’avais écouté mon mental au lieu de mon ressenti et de faire confiance à l'Univers (au Divin, à la vie, à plus grand que moi). Je voulais prévoir, protéger, organiser et décider de ce qui serait préférable pour tous, d’après moi.
Pendant ce temps, la Vie parlait déjà autrement. Elle parlait à travers les hennissements, le troupeau, les participantes et Apache lui-même.
Il m’a fallu relâcher mon idée de ce qui devait arriver, revenir au moment présent, m’enlever du chemin et faire confiance à quelque chose de plus grand que moi.
Ce fut ma prise de conscience de cet atelier.
Parce que oui, pendant les ateliers, les facilitatrices (aussi) font des prises de conscience. Heureusement, d’ailleurs. Sinon, certains chevaux perdraient une bonne partie de leur travail. 😉 Et en fait, c’est aussi cela, faciliter.
En fait, c’est surtout cela : faire de la place pour plus grand que soi.
Et le Cheval est tellement meilleur que nous dans ce rôle. C’est probablement pour cette raison que j’aime dire que je suis une facilitatrice paresseuse.
Faciliter ne consiste pas toujours à savoir quoi faire.
Faciliter demande surtout d’être authentique avec ce qui est et de laisser notre égo à la porte du pré.
Un vieux horseman disait :
“Don’t go with the flow, be the flow.”¹
J'aime bien cette citation parce que je trouve qu'elle décrit exactement ce que les chevaux nous enseignent. Ils nous invitent à quitter le besoin de tout contrôler. Ils nous apprennent à devenir suffisamment présents à nous-mêmes pour sentir ce qui se passe réellement dans la relation.
Cela ne signifie pas que nous devons cesser de protéger, de réfléchir ou de prendre soin. Au contraire.
Cela signifie que nous devons rester ouverts à ce que l’autre exprime, même lorsque cela ne correspond pas à notre première idée.
Ce jour-là, Apache nous a toutes rappelé que la puissance ne réside pas dans la perfection. Elle réside dans la présence.
Il avait besoin du troupeau. Le troupeau avait besoin de lui. Et nous avions besoin d’assister à cette rencontre.
Peut-être est-ce aussi ce que les chevaux nous enseignent sur nous-mêmes.
Nous n’avons pas besoin d’attendre d’être parfaitement guéris, parfaitement confiants ou parfaitement prêts pour contribuer à avancer dans notre plan de vie.
Dans le programme LFC, à l’image des chevaux, nous pouvons arriver avec nos fragilités, nos doutes et nos petites boiteries intérieures ou physiques.
Nous pouvons arriver tels que nous sommes vraiment. Nous pouvons tout de même être présents, utiles et puissants.
En fait, nous le sommes déjà.
Comme les chevaux.
Ensemble et puissants
S'appuyant sur les écrits de l'autrice Linda Kohanov, « Ensemble et puissant » est un mantra au cœur de l’approche Leadership facilité par le Cheval.
Parce qu’avec les chevaux, il y a souvent un programme officiel.
Et puis il y a celui qu’ils ont prévu expressément pour nous ce jour-là.
N’est-ce pas un peu magique, tout cela?
Moi aussi, j’en ai la chair de poule...
Bel été à vous et que le Cheval vous accompagne!
Marie

¹ Traduction libre : « Ne suis pas la vague, sois la vague. »



Commentaires