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Quand tes chevaux bousillent ton beau programme!

Photo : Pixabay 2026
Photo : Pixabay 2026


Il y a quelques années, lorsque j’ai commencé à travailler dans le merveilleux univers du mieux-être facilité par le cheval, je croyais, comme bien des gens, que ce qui faisait la qualité d’une expérience reposait principalement sur les exercices proposés, les outils utilisés et même les certifications affichées.


Je ne me doutais pas que mes chevaux avaient un autre programme pour moi... Un programme pré-LFC en live, au quotidien. En fait, ils m’ont appris, parfois à la dure, que ce qui protège réellement une expérience, ce n’est pas la technique. Qu’il faut parfois savoir décrocher de celle-ci comme on lâche la longe d’un cheval qui vient de s’emballer en panique, histoire de prendre soin de soi... en premier.


Parce qu’à certains moments rock n roll dans la vie, vouloir garder le contrôle coûte beaucoup plus cher en Bandaid que de revenir au lâcher-prise.


C’est pour ça que je pense aujourd’hui que ce qui protège réellement une expérience, c’est le cadre.


Et, tu l'as compris, ici je ne parle pas ici du gestionnaire… ni du cadre accroché au mur. 😄 Je parle d’un cadre invisible, issus d'un respect de nos valeurs. Un cadre profondément humain, qui protège à la fois la personne, le cheval et la qualité de la relation qui se tisse entre eux… Même et surtout lorsqu’une troisième personne est facilitée dans l’expérience.


Ce que les chevaux refusent… si on les laisse s’exprimer


Aujourd’hui, plusieurs personnes ressentent l’appel honorable d’aider les autres grâce à la présence des chevaux. Je comprends profondément cet élan. Je l’ai moi-même ressenti… Et je le ressens toujours. Pourtant, avec les années, une question importante s’est imposée à moi :


« Que devrions-nous réellement protéger lorsque nous travaillons avec des humains vulnérables et des êtres aussi sensibles et conscients que les chevaux? »


Parce qu’un cheval n’est pas une table de travail, un outil thérapeutique, ou un nounours vivant venu absorber silencieusement toutes nos émotions. Et ce n’est certainement pas un accessoire émotionnel destiné à « marketer » une expérience marquante sur Instagram.


Vigilants au moindre changement dans notre posture intérieure, les chevaux ressentent, observent, anticipent et réagissent au système nerveux humain avec une finesse qui dépasse souvent notre compréhension très « Top Down » des relations et du monde qui nous entoure. Et cette finesse-là a parfois un petit côté doux-amer pour l’ego humain.


Avec les années, j’ai remarqué que les chevaux ne sont jamais impressionnés par nos titres, notre compte en banque ou nos grands discours. Par contre, arriver au champ complètement dispersée en tenant un café XL tout en affirmant très sérieusement :

« Je suis tellement centrée aujourd’hui »… Ça, ils le remarquent immédiatement.



En effet, l’être cheval possède une qualité rare parmi tant d'autres : il est le meilleur pour détecter rapidement l’écart entre ce que nous affichons et ce que notre système nerveux raconte discrètement en arrière scène.


Lorsqu’on leur laisse réellement l’espace de s’exprimer, plusieurs équidés refusent effectivement certaines choses ou certaines situations… mais pas toujours autant qu’on pourrait le croire. Et ça, je trouve ça profondément fascinant.



Loven en plein questionnement, genre as-tu une carotte?
Loven en plein questionnement, genre as-tu une carotte?


Parce que, combien de fois, en tant que facilitatrice, ai-je réalisé qu’un cheval libre et réellement écouté proposait spontanément quelque chose auquel mon cerveau de prédateur n’avait même pas pensé; une approche plus douce. Une prise de conscience inespérée à la fin d’une séance pourtant assez lourde. Une pause qui fait du bien. Une distance qui libère.


Peut-être bien que c'est normal.

Après tout, depuis toujours, l’humain pressent intuitivement qu’il existe quelque chose de profondément sacré dans la présence du cheval.

Quelque chose qui nous dépasse. Quelque chose qui relie au divin. Quelque chose qui nous ramène doucement vers plus grand que nous-mêmes.


Quand l’intensité remplace la présence


Dans un monde où tout va vite et où l’intensité émotionnelle est souvent valorisée, il devient facile de croire que plus une expérience est forte… plus elle est transformatrice.


Pourtant, ni l’humain ni le cheval n’apprennent dans la surcharge. Un système nerveux dépassé cherche d’abord à survivre; pas à intégrer, réfléchir ou transformer durablement une relation. La présence équine nous rappelle constamment cette vérité.

La sécurité intérieure précède l’apprentissage.


La présence vaut souvent plus que la performance. Et un processus lent peut parfois être infiniment plus profond qu’une expérience impressionnante vécue en quelques heures. Au fond, les chevaux continuent d’évaluer nos grandes théories principalement sur notre capacité à respirer et à ne pas arriver au champ avec l’énergie d’un écureuil sous caféine.


Une autre façon d’être puissant


Finalement, au fil des ans, j’ai pris conscience que la véritable compétence en facilitation équine ne se mesure pas uniquement à ce qu’une personne est capable de faire vivre. Elle se mesure aussi à sa capacité de protéger ce qui est fragile, subtil et profondément vivant dans la relation… Hé oui! Encore le fameux cadre.


Parce qu’un cheval libre de s’exprimer ne devient pas seulement un facilitateur plus efficace. Il devient aussi un immense révélateur de notre propre humanité.

Et peut-être qu’au fond, tout ce travail commence là : dans notre capacité à ralentir suffisamment pour écouter ce qui cherche réellement à émerger. Le Cheval n’a jamais eu besoin de dominer pour être puissant.


Il Est. Et c’est peut-être dans ce verbe de trois lettres qu’il révèle le mieux son pouvoir.


Alors je me pose cette autre question :


« Et si le véritable leadership ressemblait davantage à ça? Moins de contrôle. Plus de présence. Et assez de silence pour laisser la relation respirer. »


Après tout, comme Debussy disait : « la musique, c’est le silence entre les notes ».

Les chevaux semblent l’avoir compris bien avant nous.


Qu'en penses-tu, je suis curieuse de te lire. As-tu déjà perçu ce moment « hors du temps », où la personne que tu accompagnes fait une prise de conscience qui te donne la chair de poule?



Marie Josée


Oli et moi en plein partage
Oli et moi en plein partage



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